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16 ans en marketing : comment j'ai basculé dans la tech à 38 ans

J'avais un bon poste, un bon salaire — et l'impression que la tech c'était pour les autres. Voilà comment j'ai changé d'avis, et de métier.

Guy Guybusiness analyst salesforce · fondateur 7 min de lecture · publié en mars 2026
Illustration : 16 ans en marketing : comment j'ai basculé dans la tech à 38 ans

Ce que je faisais avant — et pourquoi ça ne suffisait plus

Pendant seize années, j'ai travaillé comme Responsable Marketing Digital et CRM dans des groupes de presse parisiens. Mes responsabilités : piloter les campagnes d'acquisition, gérer les bases de données abonnés, superviser des équipes de 5 à 8 personnes, discuter budgets avec les directeurs financiers.

Stimulant au départ. Et puis, progressivement, quelque chose a changé. Les projets se ressemblaient. Les réunions tournaient en rond. J'avais l'impression de répéter les mêmes actions, année après année. Un lundi matin de novembre, dans une réunion de comité de direction, j'ai compris que ce chapitre était terminé.

Pas terminé dans le sens "c'est nul". Terminé dans le sens "c'est fini pour moi, même si ça fonctionne encore".

Pourquoi la tech — et pas autre chose

La découverte s'est faite par accident.

Dans mon dernier poste, on utilisait Salesforce — l'outil CRM. Je travaillais régulièrement avec des consultants Salesforce qui venaient paramétrer la plateforme selon nos besoins. En observant leur travail, j'ai identifié ce qu'ils faisaient réellement : ils faisaient le lien entre ce que nous voulions (les équipes métier) et ce que le système pouvait faire (les équipes techniques). Ils traduisaient.

C'est comme ça que j'ai découvert le métier de Business Analyst.

Pas développeur. Pas data scientist. Traducteur. Quelqu'un qui comprend les besoins des gens, qui les reformule en termes techniques, et qui s'assure que la solution construite correspond bien à ce qui était demandé. Sans forcément coder.

Cette description, c'était exactement ce que j'avais fait pendant seize ans — sans le titre, sans le cadre, sans le salaire qui va avec.

La reconversion concrètement : la formation POEI

J'ai découvert la POEI (Préparation Opérationnelle à l'Emploi Individuelle) : un dispositif où une entreprise finance une formation à 100 % pour pourvoir un poste spécifique. Le principe : l'entreprise s'engage à t'embaucher, France Travail finance ta formation.

Mon parcours :

  • 3 mois de formation intensive
  • Focus sur Salesforce CRM
  • Certifications Salesforce Administrator et App Builder
  • Alternance théorie / pratique via Trailhead

Ce dispositif est peu connu. C'est dommage, parce que c'est probablement le plus efficace pour une reconversion : tu te formes avec un emploi qui t'attend à la sortie.

Ce que mes 16 ans de marketing m'ont vraiment apporté

C'est la partie que personne ne t'explique avant.

Les compétences transférables que j'avais sans le savoir :

  • Analyser des données sans me perdre dans les chiffres
  • Comprendre les besoins utilisateurs — pas ceux qu'ils expriment, ceux qu'ils ont vraiment
  • Gérer des projets avec des parties prenantes aux intérêts contradictoires
  • Communiquer avec des équipes techniques sans maîtriser leur jargon
  • Rédiger des documents clairs que différentes audiences peuvent lire

"Ton 'vieux' métier n'est pas un handicap. C'est souvent ce qui te différencie des profils 100 % techniques qui manquent de sens du client."

J'ai mis du temps à l'accepter. Mais les recruteurs, eux, l'ont compris immédiatement.

Le premier poste — et ce que personne ne dit

La transition n'est pas indolore.

Le marketing, c'est un milieu qui valorise la rapidité et l'itération : tu lances, tu mesures, tu corriges. L'analyse métier, c'est différent — ça demande documentation, cadrage rigoureux, et une vraie patience avant de voir les résultats.

J'ai appris à ne pas minimiser mon expérience antérieure en entretien. C'est une tentation forte chez les reconvertis : on a peur de paraître déplacé, alors on s'excuse de son passé. C'est une erreur. Les recruteurs cherchent des analystes qui comprennent le métier — et quelqu'un qui vient d'un monde différent comprend des choses qu'un profil 100 % technique ne voit pas.

Si tu es en train de te demander si c'est fait pour toi

Les profils qui réussissent cette transition partagent quelques traits : une curiosité genuine pour comprendre comment les systèmes fonctionnent, une capacité d'écoute développée, et une envie de résoudre des problèmes concrets plutôt que d'abstraits.

Le syndrome de l'imposteur, lui, il est universel. Il ne disparaît pas tout de suite. Mais il s'atténue — avec chaque mission réussie, chaque livrable validé, chaque utilisateur qui te dit merci parce que l'outil fonctionne enfin comme il devrait.

Ce que j'ai appris

Quatre ans après ce lundi matin de novembre :

  • Les compétences demeurent transférables — le titre change, les aptitudes restent
  • L'âge n'est pas un frein, c'est un contexte à gérer
  • Les dispositifs de financement existent et couvrent souvent 100 % du coût
  • Le réseau se construit progressivement — en commençant par se montrer, pas en attendant d'être légitime

Pourquoi j'ai créé LaPasseTech

J'ai fait ce parcours seul. Sans guide, sans communauté, sans quelqu'un qui m'avait dit "voilà ce qui m'attend, voilà comment ça marche, voilà par où commencer".

LaPasseTech, c'est ce que j'aurais voulu avoir à l'époque. Un raccourci. Pas une solution magique — une carte du territoire.

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Guy, fondateur de LaPasseTech
// écrit par

Guy — celui qui est passé

16 ans de marketing, reconverti business analyst Salesforce à 38 ans via une POEI. LaPasseTech, c'est tout ce qu'il aurait aimé savoir avant. Lire son parcours →

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